Friteland

Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 03:00

J'ai trouvé mon anti-boule au ventre avant d'aller au boulot!

(Encore un nom pour les golfish memories, un!)

'tain mais cette chanson à le don de me péter un sourire jusqu'aux oreilles et une joie sautillante.

Même quand grimpant sec avec mes petites gambettes j'aperçois à l'horizon l'horrible clown géant (non, mais sérieux, il fait peur, c'est quoi cette mascotte à la con!) surmonté de son encore plus géant "m", humant déjà à cent mètres les effluves nauséabondes d'une "cuisine" débordante de graisse, et ben j'ai la frite (mouarf arf).

Cette chanson, elle me fait me dire à moi même:

Aujourd'hui rien n'atteindra ta bonne humeur. Tu es plus forte que les gueux (à comprendre clients). Tu n'est pas une merde même si les gueux te traitent comme telle. Tu es une personne magnifique sous un uniforme merdique. Te laisse pas faire cocotte. Et puis même, tiens, si tu en a marre t'as cas les envoyer un peu chier les gueux, ils le méritent bien. C'est la fête. Tu es un être humain, et tu as le droit à un minimum de respect. Soit fière ma fille, te laisse plus faire.

Envoyer chier un gueux, et bien c'est chose faite! Je vous raconte? allez oui, je vous raconte, je suis tellement fière de ma petite victoire:

Il faut savoir qu'à friteland, la plupart des gueux pensent que la réponse appropriée au "bonjour" tout fleuri qu'on nous a appris à faire est: "j'vais prendre une grande frite et un petit coca".

Je ne supporte pas ça, ce manque de considération, je préfère encore les agressifs ou les racailloux du 2-2, le bonjour, ils l'utilisent plus souvent que le client de base.

Le client de base, il ne te salut pas, tu n'existes d'ailleurs pas, il ne te regarde même pas, tu es une sous-merde. Continuer sa conversation téléphonique pendant qu'il passe sa commande, est beaucoup plus important que de te donner le minimum syndical de l'amabilité. Du coup, quand t'as un client qui te dit "bonjour-s'il vous plaît-merci-au revoir"(un non-gueux, donc), t'as limite envie de faire le tour du comptoir, de le serrer dans tes bras et de lui grattouiller le menton en lui faisant "gouzi, gouzi".

Mais quand est-ce qu'elle raconte? Roh, ça vient, ça vient...


Ce soir donc, je sert un énième gueux

"- Moi: Bonsoir *fleur fleur sourire*

- Le gueux (au téléphone): Ouais, attends, quitte pas...un menu gnagnagna et un muffin...ouais donc ce soir on se retrouve chez Pierre pour [...]"

Là, j'étais prête à taper sa commande, par habitude, par lassitude, et puis j'ai la petite chanson qui est revenue me trotter dans la tête, alors je me suis ressaisie, et me suis dit: "oh, toi, tu vas prendre!" Et là où c'est la classe totale, c'est que tout ce qui suit, je l'ai dit avec calme, le sourire et une voix digne de celle d'avast (Marie-Christine pour les intimes).

"- Moi: excusez-moi

- Le gueux (semblant offusqué que je le dérange en pleine conversation): Oui?

- Moi: Je suis désolée, mais j'ai un problème technique avec la caisse, là.

- Le gueux: Ah...

- Moi: Ben oui c'est des tout nouveaux modèles à reconnaissance vocale...

- Le gueux (se demandant si c'est du lard ou du cochon): Et...

- Moi: La caisse ne s'active que si elle entend les mots "bonsoir" et "s'il vous plaît". Du coup là je ne peux pas taper votre commande vu que je n'ai pas accès à la page des menus...

- Le gueux (rouge pivoine): ...S'il vous plaît..."

 

VICTOIRE!!!

Bon, en vrai, j'ai failli me faire dessus juste après l'avoir rembarrer et z'yeuter dans tous les sens pour voir si il n'y avait pas un manager dans les parages. Mais il n'y avait pas de manager, et le gueux était trop honteux pour faire une esclandre. Ouf!

C'est décidé, à partir d'aujourd'hui, je ne me laisse plus faire. Et que vive la petite chanson!

Par JuSorel - Publié dans : Friteland
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 03:18
Ce soir il est arrivé un truc énorme au boulot, enfin, pas tant que ça, mais bon quand même.

Je monte le décors:
C'est la pause mal-bouffe de 21h pour l'équipe de fermeture. Quatre filles. Pipelettage divers et variés sur: j'ai mal dormi cette nuit, mon dernier fait ses dents/mon chien m'a réveillé/mon copain ronflait; la vie d'aujourd'hui ne vaux plus rien; Le planning de la semaine prochaine est encore merdique, on se demande se qu'ils foutent à la direction; etc. Conversations banales d'entre collègues quoi. Je n'écoute que d'une oreille essayant de me concentrer sur l'énorme repas que je me suis pris, me disant que je n'aurait jamais le temps de le finir ET d'aller fumer une clope. Cruel dilemme, j'ai bien faim quand même, mais bon une petite clope...
Jusqu'ici, rien d'anormal.

Vient alors le thème tant couru en salle de repos: les vacances
On n'en a pas assez, elles ne viennent pas assez vite, etc.
C'est alors qu'une des filles, ma nouvelles collègue préférée, mon héroïne de fritelande sort cette phrase de prime abord passe partout, mais qui pour moi fait toute la différence:
"Pff, dire que j'ai encore deux mois à tirer avant d'avoir des vacances et que ma soeur, dans deux semaines elle part en Egypte avec sa copine, je me glisserai bien dans leurs valises, tiens" (Bon, au cas où vous n'auriez pas remarqué l'extrême subtilité de cette phrase, je vous l'ai souligné).
J'ai alors soudainement relevé la tête de mon sandwich. Y'a des choses comme ça qui font tilt, et que même si tu as faim, te coupent dans ton élan.
Ma nouvelle collègue préférée me voyant ainsi surgir de derrière mon plateau repas a cru deviner mon soudain entrain pour la conversation:
"- T'y as déjà été, toi?
- Non, je n'y suis jamais allée, mais ça me tenterait bien"


Par JuSorel - Publié dans : Friteland
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 5 janvier 2010 2 05 /01 /Jan /2010 02:50
2218757605_1.jpg Encore un soir où je rentre grelottante, toute trempée à 2h30 du mat'. J'ai encore passé cinq heures en plonge, mais ce soir j'ai la pèche. J'ai la pèche parce que le lundi, l'équipe de fermeture, c'est la super monday team. Ne reste dans le restau qu'un troupeau de folles perdues. Autant les autres soirs, toutes individuellement faisons notre travail le plus sérieusement du monde, autant, le lundi, toutes réunies, ça dépote.
Parmi nous: un manager qui se demande avec quelle équipe de tordues il est tombé. Il flippe un peu le manag' des fois. Il se dit qu'il va jamais pouvoir fermer avec nos conneries. Mais faut pas croire, la monday team est une équipe qui roule. Ce soir encore, tout était nettoyé, brossé, raclé, serpillé, lavé, rincé, désinfecté et aseptisé en temps et en heure.

Ce soir, c'était ambiance disney. A plein poumons de la plonge, ça se transmet à la cuisine et fini par arriver au comptoir et au couloir (et vis et versa). ça donne un peu ça:

plonge (donc bibi): hakuna matata
Cuisine: mais quelle phrase magnifique
couloir: hakuna matata, quel chant fantas...
tutti: TIIIIIIIIIIIIQUE
comptoir: ce rêveu bleueuuuuu (ben oui y'a toujours une qu'est à la traîne, qu'est resté bloquée sur la chanson d'avant).

La plonge c'est un peu le centre vitale de la monday team, parce que c'est là que sont stockés tous les trucs de nettoyage. Du coup les filles elles passent, te tiennent au courant de la dernière drôlerie en date et si vraiment tu te sens d'humeur taquine, tu leur file un petit coup de jet, qui ne manque jamais de faire son effet. Représailles systématiques, bien entendu, souvent sous forme de courses poursuites à balai brosse (ou raclette selon les stocks disponibles)
Dans tout ça tu vois passer et repasser le manag' avec un air atterré, priant sûrement intérieurement pour qu'on finisse à l'heure et surtout qu'on se taise (j'avoue qu'arriver à compter les caisses avec la monday team en fond sonore, ça ne doit pas être évident).

Ces filles ne sont pas vraiment des amies, on ne se raconte presque pas nos vies, on ne se voit pas en dehors, mais elles égayent mon lundi soir de taf alors j'avais envie décrire une petite bafouille sur elles.
Maintenant que c'est fait, je vais enfiler un pyjama tout sec et me mettre au lit.



Ouais c'est à peu près ça.

Par JuSorel - Publié dans : Friteland
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /Déc /2009 01:23
Ben oui, c'est vrai quoi! Enlève ton casque quand tu passes ta commande ducon!

Hem, remettons les choses dans leur contexte avant de balancer une phrase agressive comme ça.

Si vous avez tout bien suivit, vous savez qu'en ce moment je travail à Friteland. Dans mon Friteland, comme dans pas mal d'autre y'a un drive qui reste ouvert jusqu'à tard le soir. Tard le soir, les gens normaux ils viennent pas (ou peu). Tard le soir t'as surtout des bourrés, des défoncé et des "racailles" (oui, entre guillemet, parce qu'ici c'est le 2-2, et pas non plus le 9-3), et parfois même, une complexe combinaison des trois en même temps.

Il y a le kéké scooter qui ne daigne pas retirer son casque pour passer sa commande et qui s'offusque quand tu le fait répété par ce que toi, personnellement, le langage "founiouniou, humf founiou" tu comprend pas très bien.

Il y a la petite pouf qui vient de commander 23 hamburgers et 12 glaces (commande véridique) qui te gueule dessus parce que ça ne va pas assez vite. Elle pense sûrement qu'on les pond tout fait les hamburgers. Tu sais combien de temps ça met à cuire un steak connasse?

Il y a celui qui a l'air à peu près normal mais qui vient systématiquement à 0h58 (fermeture du drive à 1h) passer une commande énorme. Tu fais comme si tout allait bien, tu rallumes les grilles et la friteuse, tu remets du lait dans la machine à glace, et tu prend sur toi, tu lui fait un joli sourir.

Il y le kéké racaillou plouc à scooter qui te traite de sale pute parce que, oh ciel, tu a oublié de lui mettre une paille (évènement datant de deux jours, ça m'a fait bizarre, pour moi ça existait que dans les films ce genre de mec cliché).

Il y a le groupe de bourrés à pieds, pas méchants mais lourds qui te font le coup de: "t'as vu on fait semblant d'être une voiture, je fais semblant d'ouvrir ma fenêtre pour commander" (honte sur moi je l'ai déjà fait aussi) qui pensent être super innovateurs alors que c'est les quatrième ce soir à te faire le coup.

Il y a le groupe de bourrés primitifs qui se foutent sur la gueule juste sous tes yeux, que t'es obligé d'appeler les flics, pompiers et toute la smala parce que y'a à un qu'est resté sur le carreau, le visage en sang.

Il y a celui qui fait 15 fois le tour du drive, sans rien commander, juste pour faire chier, que à chaque fois tu crois que c'est un nouveau pigeon client mais non, c'est toujours ducon qui fait mumuse.

Enfin bref, j'en passe et des violettes et des pas mûres.
Contrairement à la légende urbaine, c'est pas si horrible que ça de bosser à Friteland, non, on est pas exploité. pas de dépassement de contrat, ou si dépassement=heure sup=payé plus par heure, deux jours obligatoirement consécutifs de repos par semaine. 'fin ce genre de chose. En plus là où je suis, l'équipe est assez sympa. Donc ça va, je ne suis pas malheureuse.
J'en ai donc un peu marre qu'on me dise: oh, lala, tu bosse là bas? mais c'est dure, non?
Non, ça va, c'est physique comme boulot, mais le plus dure franchement quand tu travailles là bas, c'est pas le boulot en lui même, c'est les clients.


Par JuSorel - Publié dans : Friteland
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés